Je crois que la première fois que j'ai eu une migraine, j'avais à peine 9 ou 10 ans. Pas un mal de tête : une MIGRAINE. De celles qui vous arrachent la moitié du crâne, avec ces douleurs pulsatiles que vous connaissez peut-être, qui donnent l'impression qu'on va vomir son cerveau et que le silence hurle plus fort que le bruit.
Premier réflexe ? L'ophtalmo, bien sûr. On m'a collé des lunettes. Zéro changement.
Vers 17 ou 18 ans, j'ai découvert les triptans prescrits par mon généraliste. Petit bonbon chimique, gros soulagement… temporaire. À cette époque, je prenais jusqu'à quatre Zomig par semaine. Ma trousse de secours ne me quittait jamais : dans mon sac, ma voiture, mon manteau, toujours un cachet planqué, au cas où. Parce que vivre avec des migraines, c'est vivre avec la peur de manquer d'antidote. La peur que ça commence, et celle d'être « encore » indisponible pour les autres.
Et cette phrase que mes filles connaissent par cœur : « Chut les filles, maman a (encore) mal à la tête. » Combien de fois ? Trop. Et toujours, un peu de culpabilité en plus.
Le parcours du combattant médical… et ésotérique
J'ai tout tenté. Vraiment.
- Neurologue : des traitements de fond qui, au choix, me donnaient envie de me jeter par la fenêtre ou me laissaient la langue pâteuse façon labrador comateux.
- Injections de botox dans le crâne : efficacité zéro.
- Chiropracteur, ostéopathe, orthodontiste : « peut-être un problème de structure ? » Non, pas dans mon cas.
- Magnétiseur, marabout, chamane : parce que quand on en est à ce niveau de désespoir, on joue toutes ses cartes, même les jokers.
Résultat : rien, nada, walou. Toujours les mêmes douleurs, la même angoisse sourde. Et ces phrases assassines, dites avec un sourire désolé : « C'est une histoire de terrain, vous êtes migraineuse, il faut apprendre à vivre avec. » Ou encore : « Tu verras, ça passera à la ménopause. » Sérieusement ? Qu'avais-je fait pour donner toute ma jeunesse à ce handicap invisible de l'extérieur, et pourtant si présent ? Pendant ce temps, la vie continuait : ma vie de femme, ma vie de mère.
Puis est venue la kinésiologie
Quand j'ai commencé à me former à la kinésiologie, je ne cherchais pas à « soigner mes migraines ». J'étais dans une démarche d'exploration : je voulais apprendre à lire autrement ce que le corps exprime, à écouter au-delà des symptômes. Au fil des modules, des lectures et des pratiques, des déclics se sont produits. Pas des révélations fracassantes, plutôt de petits glissements de perception : des choses que je croyais figées se sont mises à bouger, tout doucement.
J'ai entendu des idées qui, sur le coup, m'ont fait sourire. En décodage biologique, voici comment est abordée la migraine : mi-graine, la haine qui migre… qui a mis la graine ? C'était intrigant, un peu perché, et en même temps ça faisait sens. Mais dans les faits, les migraines étaient toujours là, aussi imprévisibles et aussi usantes.
Je me suis surprise à osciller entre fascination et agacement. Je comprenais de mieux en mieux comment tout s'imbriquait, en théorie, mais mon corps n'avait toujours pas lâché prise. J'avais beau « tout bien faire », les douleurs revenaient. À certains moments, j'avais franchement envie de tout envoyer valser.
Et puis il y a eu cette séance, celle qui ne ressemblait pas aux autres. Nous ne travaillions même pas sur les migraines au départ, mais en déroulant le fil, nous avons touché quelque chose de plus profond et de plus lointain : une mémoire familiale dont je ne savais absolument rien. Quelque chose autour d'un doute sur une paternité, une trahison dans la lignée. Un secret, une omission ou un mensonge, peu importe. Je n'avais ni le récit ni les preuves (que sait-on au juste de la quatrième génération avant soi ?), mais mon corps, lui, savait. Il portait ça depuis sa conception.
D'un coup, toutes ces phrases entendues en formation ont pris une autre résonance. Qui a mis la graine ? Ce n'était plus un jeu de mots, c'était une empreinte concrète. Et là, sans que je m'y attende, tout s'est apaisé.
Depuis ? Plus rien, à part un petit rappel le premier jour du cycle, comme un clin d'œil hormonal, et une petite migraine les jours de grand stress (il semblerait que je sois prédisposée à « gérer » les tensions ainsi).
Ce que je veux vous dire
Si vous vivez avec des migraines et dans la crainte permanente de la prochaine crise, et si vous avez déjà essayé tout ce que la médecine, les plantes et les sorciers peuvent offrir… La kinésiologie n'a rien d'une baguette magique, mais elle a été la première approche à m'écouter autrement. Votre corps n'est pas cassé : il parle avec les moyens du bord. Encore faut-il lui poser les bonnes questions, et savoir l'écouter en partageant son langage.
Si vous voulez, vous aussi, aller à la rencontre de ce que votre corps cherche à vous dire, je vous ouvre un espace pour l'explorer. Il se pourrait bien que ce que vous vivez n'ait pas commencé avec vous, et que ce soit précisément là que se trouve la clé.
La kinésiologie ne remplace pas un suivi médical. Dans mon parcours, j'ai été suivie par des neurologues et des généralistes, parfois même en urgence, et cet accompagnement reste indispensable. Ce que je partage ici, c'est mon histoire. Chaque migraineuse a son propre chemin, ses propres déclencheurs et ses propres réponses : ce qui a été libérateur pour moi ne le sera pas forcément pour vous. Mais si vous sentez que votre corps a encore des choses à dire, la kinésiologie mérite peut-être une place dans votre boîte à outils.
Pour aller plus loin